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Tuesday, 1 March 2011

Times highlights LSE Middle East double standards

Times reporting highlights how the London School of Economics Middle East Centre includes prominent supporters of the boycott campaign against Israel, amidst widespread coverage of £1.5 million donation from Gaddafis.
On Saturday, The Times reported that half of the board of the Middle East Centre at the London School of Economics are supporters of the Boycotts, Sanctions and Divestment (BDS) campaign against Israel – despite the centre having prominent financial links with several authoritarian Arab states, including Libya. The furore over the relationship between the LSE and the Gaddafi regime was also the subject of a condemnatory editorial in The Times on Saturday, as well as a BBC Newsnight report on Friday.
‘LSE faces fresh embarrassment over demands for an Israel boycott’, by Dominic Kennedy, highlights how, following recent attention to donations the LSE received from Libya, specific attention is now being paid to the Middle East Centre. The investigations editor wrote:
‘The body was designed to promote impartiality, academic freedom and the strengthening of links with universities in the region. But critics point out that two of the four-strong management group are campaigners for an academic boycott of Israel.’
The two campaigners in question are Martha Mundy and John Chalcraft. In December 2010, Mundy chaired a student event with Abdel Bari Atwan, editor of an Arab newspaper, who had previously claimed that he would dance in Trafalgar Square if Iran bombed Israel. Chalcraft, who supported an LSE motion in January to boycott Israel, has previously described the country as a:
‘heavily militarized, nuclear-armed, expansionist apartheid state with extensive illegal settlement, land seizure and wall-building activity.’
Mundy is quoted in The Times’ article defending the centre’s reputation, as well as confirming that she supports the boycott of Israel:
‘Professor Mundy told The Times that the centre took extreme care to maintain the highest standards of scholarship and non-partisanship. She said she had called for “academics to avoid, as individuals, work with Israeli academic instititions [sic], not with individual Israeli academics.”’
The relationship between the LSE and the Gaddafi family was also covered in The Independent on Sunday, with Jonathan Owen reporting on both the financial donations, and allegations surrounding Saif Gaddafi’s PhD received from LSE in 2008.
Today’s Times includes another article by Dominic Kennedy based on an interview with director of the LSE Sir Howard Davies. The piece focuses on Davies’ role in providing financial advice to the Libyan regime, as well as the controversy surrounding the various donations that the university has received from the country. Kennedy also quotes Davies defending the Middle East Centre from charges of hypocrisy, citing the fact that its biggest donor is Jewish:
‘Sir Howard defended the LSE’s new Middle East Centre, half of whose board support an academic boycott of Israel. “The biggest donor to the School in the past year is George Soros, who of course is of Jewish origin. We operate, I believe, a very balanced view.”’
 http://justjournalism.com/the-wire/times-highlights-lse-middle-east-hypocrisy/


Gilad Shalit Vigil, London 24/02/2011. Israeli Ambassador Ron Prosor



Les Mercenaires Algeriens de Bouteflika aTripoli pour soutenir un Fou

Jurant de se «battre jusqu’à la dernière goutte de [son] sang», le dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, a recruté des mercenaires étrangers pour étouffer la révolte populaire en Libye. 

Pratiquement du jour au lendemain, des assassins francophones portant des chapeaux jaunes se déplaçaient dans les rues de Tripoli, la capitale. Installés à l’arrière de pick-ups, ils tirent sur les manifestants libyens non armés. De nos jours, quelle est la rémunération moyenne d’un mercenaire?
Il n’y a rien d’absolument sûr à ce sujet. Certains mercenaires affirment avoir perçu entre 1.000 et 20.000 dollars par jour  [entre 725 et 14.500 euros]. Bien qu’on puisse difficilement obtenir confirmation d’une somme exacte – ces types-là ne portent pas de carte syndicale –, l’expert en sécurité John Pike pense que Kadhafi a dû promettre au moins 1.000 dollars à chaque mercenaire pour mener cette opération. Avec une avance pour s’être engagé.



Des sociétés militaires privées américaines, comme Blackwater Worldwide  – qui s’appelle désormais Xe –, embauchent souvent d’anciens membres d’équipes SEAL  de l’US Navy ou des Rangers de l'armée des Etats-Unis  pour mener des interventions militaires privées. Pendant la guerre d’Irak, des agents de haut niveau de Blackwater pouvaient prétendre à une solde de plus de 200.000 dollars [environ 150.000 euros] par an. Les simples soldats sans grande expérience, d’ex-fantassins du Salvador, par exemple, gagneraient dix ou quinze fois moins.
Les mercenaires qui tirent sur les citoyens libyens sont des Algeriens et sans doute d’anciens rebelles du Darfour, du Tchad ou du Niger, des régions où Kadhafi a soutenu les insurrections au fil des années. Vu le caractère organisé de leur arrivée, il est probable que le renseignement libyen ait supervisé leur recrutement et assuré leur transport jusque dans le pays.


 En général, ces mercenaires ont la vingtaine, aucun bagage secondaire et peu ou pas d’entraînement militaire. Ils sont parfois équipés d’un fusil d’assaut simple d’utilisation, de type kalachnikov. Si Kadhafi finit par être détrôné, tous les mercenaires ayant survécu seront vraisemblablement renvoyés par camion dans leur pays d’origine, où les perspectives d’emploi font cruellement défaut.

Le fait que Kadhafi recoure d’urgence à de nombreux «militaires» étrangers dit à quel point il s’est aliéné la société libyenne. On peut penser que les mercenaires étrangers, contrairement à l’armée régulière libyenne – dont de nombreux membres sont maintenant du côté des manifestants –, n’ont pas de scrupules à tuer des civils. Selon certaines rumeurs, certains seraient même venus d’aussi loin que l’Asie et l’Europe de l’Est, mettant facilement à profit leur savoir-faire acquis de l’époque soviétique.
Ce n’est pas si surréaliste après tout: une voluptueuse blonde est aux petits soins avec le colonel Kadhafi (il s’agit d’une infirmière ukrainienne); on le sait, le dictateur libyen a des contacts jusque dans les pays les plus éloignés du continent africain.

Pourquoi le Kremlin ne condamne pas les dictateurs

Parce qu'il se sent aussi menacé par le désir de liberté et de démocratie exprimé dans les pays arabes.
- Défilé de soldats russes Sergei Karpukhin / Reuters -
L'AUTEUR
Nathalie OuvaroffJournaliste russe. 
Pour le pouvoir russe, les dictatures et les dicateurs comme Mouammar Kadhafi sont un élément de stabilité dans le monde et un rempart contre le terrorisme et de l’islamisme. On croit rêver. Et pourtant, c'est exactement ce qu'à dit le président russe Dimitri Medvedev pour justifier la neutralité de la Russie dans les évènements qui secouent le Maghreb et le Proche-Orient depuis plusieurs semaines. «Les révolutions arabes risquent d’aboutir au démantèlement  de pays fortement peuplés en petites  entités et par là même  de provoquer une   recrudescence du terrorisme et l’arrivée aux affaires de fanatiques» a déclaré DimitriMedvedev lors de la réunion du conseil de sécurité russe qui a eu lieu à Krasnodarle 21 février. Et de conclure: «ils ont préparé un scénario analogue pour la Russie; maintenant ils vont essayer de le mettre en œuvre mais je peux vous assurer qu’ils n’y parviendront pas».
Des experts et des conseillers du gouvernement n’hésitent pas à faire un parallèle entre les soulèvements au proche orient et les «révolutions de couleurs fomentées par la CIA» qui se sont produites dans la CEI ou encore d’évoquer «un soi-disant plan» de l’OTAN pour « occuper la Libye et prendre le contrôle de ses ressources pétrolières et gazières».
Quant à Igor Setchine, l’homme qui monte, vice premier ministre  de Vladimir Poutine qu’il pourrait  remplacer  à la Maison blanche en cas de retour  du leader national au Kremlin. Il a accusé  le moteur de recherches Google d’avoir une part de responsabilité dans la révolution égyptienne tout en assurant par ailleurs  que la Russie était immunisée contre les troubles. «La Russie est stable c’est même l’un des pays les plus stables du monde » a-t-il déclaré dans une interview au Wall street journal.
Peur de la contagion
L’establishment russe est à la fois inquiet de la possibilité d’une contagion du «printemps arabe» à l’espace post soviétique puis à la Russie et tente par ailleurs de préserver autant que faire se peut les positions reconquises dans le domaine des armements au Proche-Orient et en Afrique. Des craintes qui ne sont pas infondées. La situation dans l’espace post-soviétique est de plus en plus instable. Les dictatures centre-asiatiques sont fragiles pour plusieurs raisons: des dirigeants vieux, au pouvoir depuis 20 ans et cherchant à laisser la place à l’un de leur proches, des establishments gangrénés par le népotisme et la corruption, des rivalités de clans, un chômage endémique et pour finir la montée de l’islam radical.
Quant  à la fédération de Russie,  qui est entrée dans une période électorale, elle est loin d’être à l’abri d’une crise systémique. La verticale du pouvoir instaurée par Vladimir Poutine se fissure, les autres pouvoirs n’existent que sur le papier, la Douma se comporte comme une chambre d’enregistrement, les tribunaux sont à la botte de l’exécutif, la presse contrôlée, les autorités locales sous influence et enfin il n’existe pas d’opposition cohérente susceptible de cristalliser et canaliser les mécontentements. Par ailleurs, l’insécurité grandissante, la hausse des prix des produits de première nécessité, la perte de confiance dans les institutions et la certitude que les scrutins parlementaires et présidentiel seront truqués apportent de l’eau au moulin de ceux qui de plus en plus nombreux  prédisent une nouvelle révolution tout en louchant avec une pointe d’envie sur les pays arabes qui eux sont déjà parvenus à se débarrasser de leurs dictateurs.
«Je ne suis pas d’accord avec Medvedev lorsqu’il affirme qu’un scénario à l’égyptienne est impossible en Russie. Il se trompe car tous les indicateurs sont au rouge il suffit d’une étincelle»,  estime l’économiste Sergei Alachenko. «Si le pays n’a pas connu encore de troubles graves c’est uniquement à cause de la légendaire passivité de la population. Mais c’est comme tout il y a des limites», ajoute-t-il.
Reste le volet économique qui n’est pas sans importance. Les bouleversements au Proche-Orient pourraient avoir des conséquences non négligeables sur les exportations d'armement par la fédération de Russie qui avait retrouvé la place occupé pendant la période soviétique. La Russie compte parmi ses principaux clients dans la région la Libye, l’Egypte et le Yémen... Selon l’agence de presse Interfax qui qui cite une source proche du complexe militaro-industriel, la Russie pourrait perdre 10 milliards de dollars de contrats.
Devant la condamnation unanime de la communauté internationale et la chute de plus en plus probable de Kadhafi, le chef de l’état russe a un peu corrigé le tir. Prenant la parole lors d’une visite à Saint Petersbourg vendredi 26 février il a exprimé «sa profonde inquiétude» et mis en garde la direction libyenne contre les conséquences désastreuses de la poursuite de l’agression contre les populations civiles «qui sera assimilée à un crime». Reste qu’il pouvait difficilement faire moins et que cette déclaration tardive ne change rien au fond du problème.
Nathalie Ouvaroff
Photo: Défilé de soldats russes Sergei Karpukhin / Reuters
http://www.slate.fr/story/34813/kremlin-dictateurs-condamne-pas


Tunisie : des casseurs protégés par la police ?

Un climat poisseux d'insécurité règne sur la capitale et alimente tous les fantasmes.

Tunisie : des casseurs protégés par la police ?
Heurts entre manifestants et forces de l'ordre le 26 février à Tunis. © Hichem Borni / AFP
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Par IAN HAMEL (À TUNIS)
Ils sont vêtus de noir, la plupart portent une cagoule qui leur cache le visage, mais pas tous. Ils ne lâchent leurs longs bâtons que pour se saisir de pierres et de pavés et les jeter sur les commerces qui n'ont pas eu le temps de baisser leurs rideaux de fer. Ils visent également les vitres dans les étages supérieurs donnant sur l'avenue Habib Bourguiba et sur l'avenue de France, en direction de la Médina. Ce sont des casseurs un peu particuliers, puisqu'ils provoquent ce chaos avec, apparemment, la bénédiction de la police tunisienne.
Les militaires, en faction en permanence devant l'ambassade de France et le ministère de l'Intérieur, l'arme au poing, regardent les casseurs, sans broncher. Les policiers ne vont pas non plus réagir quand cinq de ces hommes de main se jettent, rue de Marseille, vers 19 heures, sur deux adolescents et les tabassent à coups de gourdin, continuant à frapper leurs victimes alors qu'elles ne bougent plus.
Soudain, une première rafale
Qui sont ces mystérieux hommes en noir ? Des policiers en civil ? Des voyous recrutés dans le dessein de discréditer les manifestants ? Ce n'est pas le ministère de l'Intérieur qui apportera des éclaircissements. Samedi, dans un premier communiqué, celui-ci appelle les parents d'élèves et d'étudiants à "empêcher leurs enfants de participer à des actes de vandalisme et de troubles, et à éviter leur utilisation comme bouclier humain par les instigateurs de ces actes". Dans un autre communiqué, les services de sécurité font état de locaux de police détruits, de magasins incendiés et pillés, de voitures brûlées, évoquent "21 blessés parmi les agents de l'ordre", mais ne mentionnent pas les victimes du côté des manifestants
Une journaliste au Quotidien était présente samedi alors que la foule manifestait pacifiquement devant le ministère de l'Intérieur pour réclamer le départ du Premier ministre par intérim. "Soudain, une première rafale de tirs retentit dans l'air..., puis une deuxième... et une troisième... Qui a tiré ? Dans quel but ?", écrit le journal. Suivent des jets ininterrompus de bombes lacrymogènes, qui ne font pas seulement pleurer, tousser, mais aussi vomir, crier de douleur.
Gardes présidentiels en fuite
Aux violences policières s'ajoutent les exactions que la rumeur attribue à des milices armées favorables à "l'ancien régime". Depuis la "révolution" du 14 janvier, le nombre de vols, de cambriolages, d'attaques à main armée ne cesse de grimper. Il est vrai que plus de 11 000 prisonniers se sont échappés en janvier des établissements pénitentiaires et que beaucoup d'entre eux n'ont pas encore été repris. Un climat poisseux d'insécurité règne sur la capitale et alimente tous les fantasmes. Samedi après-midi et dimanche matin, rares étaient les taxis qui osaient s'aventurer dans le centre de Tunis.
Samir, la cinquantaine vigoureuse, travaille depuis plus d'un quart de siècle au ministère de l'Information. Pendant quelques jours, après le renversement de l'ancien régime, il a hésité à regagner son bureau. "Heureusement, il n'y a pas eu de licenciements, j'ai pu reprendre ma place, je ne suis qu'un petit fonctionnaire", explique-t-il. Samir a convaincu son jeune frère Ahmed, garde présidentiel, de sortir de sa cachette où il se terrait depuis plus d'un mois. "J'ai peur d'être arrêté si je reprends mon poste. Certains de mes amis se sont enfuis en Libye pour se mettre au service de Kadhafi", avoue-t-il.

Rions un peu avec Kadhafi, Moubarak ou Ben Ali

déclenchement des soulèvements, les blagues raillant les despotes fusent en pleine révolution, même aux heures les plus sanglantes.
Benghazi, le 26 février. Un homme joue avec son fils devant une caricature de Kadhafi dessinée sur
Benghazi, le 26 février. Un homme joue avec son fils devant une caricature de Kadhafi dessinée sur un mur. (Goran Tomasevic / Reuters)
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«Nous marcherons sur eux par millions pour purger la Libye pouce par pouce, maison par maison et allée par allée». La menace proférée par Kadhafi à l'encontre de sa jeunesse manifestante, lors de son discours halluciné le 22 février, a inspiré Noy Alloushe, un jeune israélien. Baptisée «Zenga Zenga» («ruelle» en arabe), son clip posté sur YouTube, rencontre un écho important. Ce mardi, il a déjà été visionné plus d'un million de fois.

Peut-on, avec un clip «lol», tourner en dérision Kadhafi? Il est encore au pouvoir, chaque jour, il y a des morts et s'amuser de lui avec un clip dance pourrait paraître un peu choquant pour les gens qui se battent. Sauf que, dans les pays en révolutions, et pour les observateurs étrangers, c'est une constante depuis les premières manifestations.

Ainsi, pour Noy Alloushe, interrogé par le New York Times «Il était habillé bizarrement, et il levait les bras» comme dans une transe, d'où la tentation de le caricaturer en chanteur dance. «Zenga zenga» veut dire «ruelle» en arabe (rien à voir avec le célèbre bunga-bunga, donc). Il a mixé les paroles du colonel avec la musique du rappeur américain Pitbull («Hey baby») et, pour agrémenter le tout, une danseuse dénudée se trémousse (une version sans danseuse est également disponible, après que certains internautes l'aient sollicité, pour pouvoir montrer la vidéo à leurs parents).

«Mécanismes de défense» face à l'insupportable

Une telle performance télévisée de la part d'un chef d'Etat est tellement rare, qu'il était logique qu'elle soit parodiée assez rapidement, le détournement en général étant un des arts préférés des internautes. Kadhafi n'a pas été la seule victime, bien sûr, de ce type d'humour. Moubarak et Ben Ali en ont également fait les frais. 

Dans un article consacré à ce sujet sur France24.com, la psychiatre Myriam Larguèche explique, à propos de l'humour très noir pratiqué par les Tunisiens pendant les révoltes sanglantes: «L'humour est l'une des particularités de la société tunisienne mais il relève également des mécanismes de défense plus universels devant des situations insupportables, voire indicibles».
Des Tunisiens de France, le 15 janvier 2011 (Jean-Paul Pelissier / Reuters).

En Egypte, bien avant le début de la révolution, les blagues étaient déjà légion, comme l'écrit le blogueur et journaliste Issandr el-Amrani sur le site Foreign Policy.
«Rire de l'oppression a été une part essentielle de la vie des Egyptiens depuis les pharaons, écrit-il. La blague de base, qui transcende les règles, l'idéologie, les barrières de classe, reste toujours à peu près la même: nos leaders sont des idiots, notre pays un bazar, mais au moins nous sommes ensemble dans la plaisanterie.»
Caricature arborée sur un t-shirt lors d'une manifestation de solidarité aux Egyptiens, à Beyrouth, le 1er février (Jospeh Eid).

Les noktas (blagues politiques prisées des Egyptiens) autour de Moubarak étaient répandues bien avant le 25 janvier, début du soulèvement. Le raïs était moqué pour sa ressemblance supposée avec la mascotte de la Vache qui rit. Plusieurs manifestants ont repris la caricature à leur compte, sur les pancartes brandies place Tahrir, cœur de la contestation, comme on pouvait le voir dans ce reportage.


Une fois le dictateur tombé, la parodie est aussi un moyen d'exercer et de tester la liberté d'expression, comme l'expliquait à Libération.fr ce jeune internaute, qui a créé un profil Facebook usurpant l'identité de Ben Ali. «L'idée était pour moi de mesurer le degré de cette liberté si convoitée. J'aurais fait cela sous Ben Ali, je ne pourrais pas écrire ces lignes aujourd'hui. Je peux témoigner n'avoir jamais été inquiété par qui que ce soit. Je peux dire que la parodie, l'humour, la dérision qui font frémir les dictateurs sont désormais libres en Tunisie.»
Le dessinateur tunisien _z_, qui s'est déclaré «au chômage» sur Twitter au soir de la chute de Ben Ali, n'a finalement pas reposé le crayon. Ilcaricature presque chaque jour l'évolution de la révolution en Tunisie, voire dans les pays voisins. Après Ben Ali, il s'en prend donc logiquement également aux leaders de la contestation, comme Rached Gannouchi, le chef du mouvement islamiste Ennahda.

 
Le 19 février, suite à la vidéo ci-dessus, il expliquait pourquoi il s'en prenait à lui, en prenant toutes les précautions d'usage:
«Il est dangereux de faire de Ghannouchi une idole. Ces milliers de "fans" venus l'accueillir comme le messie me rappellent étrangement les liesses populaires sous Ben Ali. C'est sur quoi porte ma critique et ne voyez dans ce dessin nulle attaque envers les voilées ou l'islam ni même envers Ghannouchi».
Les caricatures, évidemment, ne sont pas que sur Internet. Sur la place Tahrir, donc, mais aussi en Tunisie, et dans les zones libérées de Libye. A Benghazi ou Al-Baïda, les villes de l'ouest, pas une seule manifestation sans une caricature de Kadhafi. Les traits sont grossis, des slogans y sont ajoutés comme «Wanted». Parfois, le leader libyen est animalisé, sous les traits de cochons ou de chiens.
A Benghazi, le 23 février (photo Asmaa Waguih / Reuters)
A Benghazi, le 23 février (Asmaa Waguih / Reuters).
Pour les jeunes, cela permet de désacraliser l'image des leaders. Kadhafi était au pouvoir depuis 1969, Ben Ali depuis 1987. Souvent, les révoltés n'ont connu qu'eux et ont été abreuvé d'images laudatives. Le portrait du dictateur tunisien, par exemple, était partout présent dans les villes, dans la grande tradition des autocrates qui se construisent un culte de la personnalité, tel Mao, ou Staline.

Muammar Gaddafi - Zenga Zenga Song - Noy Alooshe Remix + Download