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Sunday, 1 December 2013

Jihad et contrebande, un dangereux mélange qui menace la Tunisie selon Michaël Ayari, analyste à l'International Crisis Group

jihad contrebande tunisie

Michael Béchir Ayari, Analyste principal pour la Tunisie à l'International Crisis Group | HuffPost Maghreb

Le dernier rapport de l’International Crisis Group (ICG), “La Tunisie des frontières: Jihad et contrebande” paru le 28 novembre, analyse la situation des frontières tunisiennes et les raisons du développement de la contrebande, en pointant du doigt la montée de “l’islamo-banditisme.”

Selon l’organisation, le relâchement sécuritaire après la révolution de janvier de 2011 et la guerre en Libye ont entraîné la réorganisation des "cartels de la contrebande" sur les frontières. Dans les zones périurbaines des principales villes du pays, criminalité et islamisme radical tendent à devenir indissociables, et le phénomène gagne en ampleur. Mais pour ICG, la solution ne peut pas être uniquement sécuritaire, elle doit aussi être sociale et économique. Interview avec Michaël Béchir Ayari, analyste principal pour la Tunisie à l'International Crisis Group.

HuffPost Maghreb: Le trafic des contrebandiers sur les frontières existait déjà sous l'ancien régime mais il s’est intensifié depuis la révolution. Son danger n’est plus seulement économique, il est aussi devenu sécuritaire avec l’entrée des armes à feu. Quelles sont les raisons de l’explosion de ce trafic?

Michaël Béchir Ayari: Il y a plusieurs raisons. D’abord, le soulèvement qui a eu lieu en 2011 et le relâchement sécuritaire qui s’en est suivi. À ce moment-là, côté ouest (frontières avec l’Algérie), il y a eu une démocratisation de la contrebande et une réorientation du commerce qui n’est plus tenu par les grands patrons. Les cartels ont commencé à se recomposer et les intermédiaires sont devenus les “boss”. Et comme il n’y avait plus véritablement de contrôle, le trafic s’est intensifié. Côté sud (frontières avec la Libye), c’est la même chose, sauf que la variable de la guerre et de la décomposition de la Libye, et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés a fait que des armes sont passées.

Autre point important, c’est que les gros cartels, notamment celui de Touazine dans le sud, avaient une sorte de pacte tacite avec l’État, qui les laissait faire leur trafic tranquillement et, en échange, ils s’engageaient à s’écarter du commerce de certains produits et à contrôler le flux de personnes aux frontières, notamment les groupes armés. Ce pacte là n’existe plus.

Ce sont donc les réseaux de contrebandiers qui contrôlaient les frontières?

Ces gens-là connaissent très bien les frontières, et ils ont encore la possibilité de les contrôler. Dès qu'une voiture qu’ils ne connaissent pas passe, ils la remarquent et alertent la police. Mais le problème, c’est qu'il n’y a plus ce pacte avec les autorités, il n’y a plus de discussions régulières avec eux et la police a perdu son réseau d’indicateurs. En plus, ces gens sont frustrés d’un point de vue économique. La révolution ne leur a rien apporté. Ils ont une haine de plus en plus profonde de l’État qui les marginalise. Plus leur frustration sur le plan économique et social augmente, plus ils réduisent le contrôle sur les frontières. Le pire, c’est que cela devient un enjeu de négociation implicite.

Sous Ben Ali, fermer les yeux sur la contrebande transfrontalière a été un moyen de maintenir la paix sociale dans ces régions marginalisées. L’État tunisien, aujourd’hui en difficulté, est-il contraint de tolérer ce phénomène?

On est toujours dans une forme de régulation des activités de contrebande et jamais dans un arrêt total. C’est juste dans la rhétorique du discours de l’État qu’il y a cette idée de tolérance zéro, mais dans la pratique elle est impossible à mettre en œuvre. En l'absence d’investissement public dans les régions reculées, la contrebande offre des sources de revenus et freine l’exode rural. L’État ne peut pas tout laisser faire, le contrôle est nécessaire, mais ne peut pas non plus complètement tout arrêter. C’est la frontière qui créé la transgression, et le problème vient de là.

Il faudrait donc réguler les activités des contrebandiers et non les interdire?

Le meilleur moyen de régler tout cela est de remettre en place le pacte qu’il y avait sous Ben Ali, non pas de manière implicite, mais en mettant "cartes sur table", avec des représentants de ces régions et des représentants de l’État. Se mettre d’accord sur la création d’une zone franche, c’est quelque chose d’important. Les zones de libre-échange permettront de développer des infrastructures. Les frontières sont quelque chose de dynamique qui pourrait faire profiter la région et pas uniquement les têtes de réseaux. Il faut restaurer la confiance des habitants des frontières pour qu’ils aillent vers l’État et non vers les jihadistes qui, en se développant, vont les payer pour faire passer leurs produits. Ils peuvent même travailler pour eux.

Selon vous, l’absence de confiance envers l’État renforce les capacités de nuisance des jihadistes…

Bien sûr. L’État, quel que soit sa couleur idéologique, a toujours été confronté à cela. Ce n’est pas un problème d’islamistes et d’anti-islamistes, c’est un problème de bonne et de mauvaise gestion. Mais la polarisation politique entre "islamistes" et "sécularistes" accentuée par le contexte régional, empêche la planification à long terme et va finir par conduire à une explosion de violences.

Le rapport d’ICG attire l'attention sur le danger du développement du phénomène de “l’islamo-banditisme”. Comment l’expliquer?

Les zones périurbaines comme Cité Etthadhamen, Jbel Jloud, Sejnane, Dubosville, Menzel Bourguiba, ou encore les grandes zones urbaines autour du centre-ville de Jendouba et de Sidi Bouzid, les anciens “gourbivilles”, les anciennes agglomérations ouvrières où le chômage est élevé, sont des endroits où le salafisme jihadiste marche.

Quand Ben Ali est parti et que la police a disparu de ces quartiers, il y a eu un mouvement de conversion au salafisme mais pas seulement au salafisme quiétiste. Au salafisme jihadiste également. Et donc beaucoup de gens dont des anciens indicateurs du régime et des petits trafiquants, ont commencé à porter la barbe. En plus des gens qui ont été libérés de prison et des jihadistes qui sont revenus d’exil. Cela s’est alors reconfiguré de manière anarchique à l’intérieur.

En fait, il y a eu un phénomène comparable à ce qui s’est passé dans les banlieues populaires du Caire dans les années 1980 avec Al Jamâa Al Islamiya, c’est-à-dire que l’identité salafiste jihadiste est utilisée pour couvrir des actes criminels. On a donc des gens qui se disent salafistes, mais c’est juste un prétexte pour faire croire qu’ils sont pieux et au-dessus de ces choses. Au final, ce sont eux qui vont gérer le quartier, prendre en main les petits trafics et créer des petites milices à l’intérieur.

C’est un cocktail qui fait que, de l’extérieur, on ne sait pas qui est qui: est-ce qu’on a affaire à un trafiquant avec une barbe? Ou à un vrai jihadiste qui fait ça pour des raisons stratégiques et idéologiques? Tout cela se nourrit, ce qui fait que les violences des uns vont être mises sur le compte des autres, et on se rend compte de plus en plus que c’est à l’image des transformations d’Al Qaïda et du mouvement jihadiste au Sahel et au Maghreb. Et c’est assez dangereux, ce n’est pas encore eux qui tiennent les frontières, mais ils peuvent à terme, créer les conditions favorables à une montée en puissance des jihadistes dans les filières de contrebande transfrontalière voire à une collaboration active entre cartels et jihadistes. Il faut donc faire attention, car cela pourrait se développer avec l’État qui s’affaiblit et la polarisation politique qui continue.

L’État tunisien, fragilisé depuis deux ans, semble être dépassé. Comment pourrait-il reprendre la situation en main sans tomber dans la surenchère sécuritaire?

Dans les régimes autoritaires, plus l’État est faible, plus il montre ses dents. Sous l'ancien régime, ce n’était pas un État fort, mais un État qui fichait tout le monde, qui savait qui est qui, qui a fait quoi, qui a dit quoi, et qui a gagné combien. Maintenant, il y a un sentiment d’affaiblissement lié à toutes les raisons déjà évoquées. Dans la tête des gens l’État est faible. C’est quelque chose qu’on retrouve dans toutes les périodes post-révolutionnaires. Mais concrètement, l’État a les moyens de régler ces problèmes. La Tunisie n’est pas la Libye ou l’Égypte, elle a encore les moyens de résoudre cela. Mais si rien n’est fait, l’État va s’affaiblir réellement, et là, il va y avoir une explosion de violences.

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Le dernier rapport de l’International Crisis Group (ICG), “La Tunisie des frontières: Jihad et contrebande” paru le 28 novembre, analyse la situation des frontières tunisiennes et les raisons du développement de la contrebande, en pointant du doigt la montée de “l’islamo-banditisme.”

Selon l’organisation, le relâchement sécuritaire après la révolution de janvier de 2011 et la guerre en Libye ont entraîné la réorganisation des "cartels de la contrebande" sur les frontières. Dans les zones périurbaines des principales villes du pays, criminalité et islamisme radical tendent à devenir indissociables, et le phénomène gagne en ampleur. Mais pour ICG, la solution ne peut pas être uniquement sécuritaire, elle doit aussi être sociale et économique. Interview avec Michaël Béchir Ayari, analyste principal pour la Tunisie à l'International Crisis Group.

HuffPost Maghreb: Le trafic des contrebandiers sur les frontières existait déjà sous l'ancien régime mais il s’est intensifié depuis la révolution. Son danger n’est plus seulement économique, il est aussi devenu sécuritaire avec l’entrée des armes à feu. Quelles sont les raisons de l’explosion de ce trafic?

Michaël Béchir Ayari: Il y a plusieurs raisons. D’abord, le soulèvement qui a eu lieu en 2011 et le relâchement sécuritaire qui s’en est suivi. À ce moment-là, côté ouest (frontières avec l’Algérie), il y a eu une démocratisation de la contrebande et une réorientation du commerce qui n’est plus tenu par les grands patrons. Les cartels ont commencé à se recomposer et les intermédiaires sont devenus les “boss”. Et comme il n’y avait plus véritablement de contrôle, le trafic s’est intensifié. Côté sud (frontières avec la Libye), c’est la même chose, sauf que la variable de la guerre et de la décomposition de la Libye, et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés a fait que des armes sont passées.

Autre point important, c’est que les gros cartels, notamment celui de Touazine dans le sud, avaient une sorte de pacte tacite avec l’État, qui les laissait faire leur trafic tranquillement et, en échange, ils s’engageaient à s’écarter du commerce de certains produits et à contrôler le flux de personnes aux frontières, notamment les groupes armés. Ce pacte là n’existe plus.

Ce sont donc les réseaux de contrebandiers qui contrôlaient les frontières?

Ces gens-là connaissent très bien les frontières, et ils ont encore la possibilité de les contrôler. Dès qu'une voiture qu’ils ne connaissent pas passe, ils la remarquent et alertent la police. Mais le problème, c’est qu'il n’y a plus ce pacte avec les autorités, il n’y a plus de discussions régulières avec eux et la police a perdu son réseau d’indicateurs. En plus, ces gens sont frustrés d’un point de vue économique. La révolution ne leur a rien apporté. Ils ont une haine de plus en plus profonde de l’État qui les marginalise. Plus leur frustration sur le plan économique et social augmente, plus ils réduisent le contrôle sur les frontières. Le pire, c’est que cela devient un enjeu de négociation implicite.

Sous Ben Ali, fermer les yeux sur la contrebande transfrontalière a été un moyen de maintenir la paix sociale dans ces régions marginalisées. L’État tunisien, aujourd’hui en difficulté, est-il contraint de tolérer ce phénomène?

On est toujours dans une forme de régulation des activités de contrebande et jamais dans un arrêt total. C’est juste dans la rhétorique du discours de l’État qu’il y a cette idée de tolérance zéro, mais dans la pratique elle est impossible à mettre en œuvre. En l'absence d’investissement public dans les régions reculées, la contrebande offre des sources de revenus et freine l’exode rural. L’État ne peut pas tout laisser faire, le contrôle est nécessaire, mais ne peut pas non plus complètement tout arrêter. C’est la frontière qui créé la transgression, et le problème vient de là.

Il faudrait donc réguler les activités des contrebandiers et non les interdire?

Le meilleur moyen de régler tout cela est de remettre en place le pacte qu’il y avait sous Ben Ali, non pas de manière implicite, mais en mettant "cartes sur table", avec des représentants de ces régions et des représentants de l’État. Se mettre d’accord sur la création d’une zone franche, c’est quelque chose d’important. Les zones de libre-échange permettront de développer des infrastructures. Les frontières sont quelque chose de dynamique qui pourrait faire profiter la région et pas uniquement les têtes de réseaux. Il faut restaurer la confiance des habitants des frontières pour qu’ils aillent vers l’État et non vers les jihadistes qui, en se développant, vont les payer pour faire passer leurs produits. Ils peuvent même travailler pour eux.

Selon vous, l’absence de confiance envers l’État renforce les capacités de nuisance des jihadistes…

Bien sûr. L’État, quel que soit sa couleur idéologique, a toujours été confronté à cela. Ce n’est pas un problème d’islamistes et d’anti-islamistes, c’est un problème de bonne et de mauvaise gestion. Mais la polarisation politique entre "islamistes" et "sécularistes" accentuée par le contexte régional, empêche la planification à long terme et va finir par conduire à une explosion de violences.

Le rapport d’ICG attire l'attention sur le danger du développement du phénomène de “l’islamo-banditisme”. Comment l’expliquer?

Les zones périurbaines comme Cité Etthadhamen, Jbel Jloud, Sejnane, Dubosville, Menzel Bourguiba, ou encore les grandes zones urbaines autour du centre-ville de Jendouba et de Sidi Bouzid, les anciens “gourbivilles”, les anciennes agglomérations ouvrières où le chômage est élevé, sont des endroits où le salafisme jihadiste marche.

Quand Ben Ali est parti et que la police a disparu de ces quartiers, il y a eu un mouvement de conversion au salafisme mais pas seulement au salafisme quiétiste. Au salafisme jihadiste également. Et donc beaucoup de gens dont des anciens indicateurs du régime et des petits trafiquants, ont commencé à porter la barbe. En plus des gens qui ont été libérés de prison et des jihadistes qui sont revenus d’exil. Cela s’est alors reconfiguré de manière anarchique à l’intérieur.

En fait, il y a eu un phénomène comparable à ce qui s’est passé dans les banlieues populaires du Caire dans les années 1980 avec Al Jamâa Al Islamiya, c’est-à-dire que l’identité salafiste jihadiste est utilisée pour couvrir des actes criminels. On a donc des gens qui se disent salafistes, mais c’est juste un prétexte pour faire croire qu’ils sont pieux et au-dessus de ces choses. Au final, ce sont eux qui vont gérer le quartier, prendre en main les petits trafics et créer des petites milices à l’intérieur.

C’est un cocktail qui fait que, de l’extérieur, on ne sait pas qui est qui: est-ce qu’on a affaire à un trafiquant avec une barbe? Ou à un vrai jihadiste qui fait ça pour des raisons stratégiques et idéologiques? Tout cela se nourrit, ce qui fait que les violences des uns vont être mises sur le compte des autres, et on se rend compte de plus en plus que c’est à l’image des transformations d’Al Qaïda et du mouvement jihadiste au Sahel et au Maghreb. Et c’est assez dangereux, ce n’est pas encore eux qui tiennent les frontières, mais ils peuvent à terme, créer les conditions favorables à une montée en puissance des jihadistes dans les filières de contrebande transfrontalière voire à une collaboration active entre cartels et jihadistes. Il faut donc faire attention, car cela pourrait se développer avec l’État qui s’affaiblit et la polarisation politique qui continue.

L’État tunisien, fragilisé depuis deux ans, semble être dépassé. Comment pourrait-il reprendre la situation en main sans tomber dans la surenchère sécuritaire?

Dans les régimes autoritaires, plus l’État est faible, plus il montre ses dents. Sous l'ancien régime, ce n’était pas un État fort, mais un État qui fichait tout le monde, qui savait qui est qui, qui a fait quoi, qui a dit quoi, et qui a gagné combien. Maintenant, il y a un sentiment d’affaiblissement lié à toutes les raisons déjà évoquées. Dans la tête des gens l’État est faible. C’est quelque chose qu’on retrouve dans toutes les périodes post-révolutionnaires. Mais concrètement, l’État a les moyens de régler ces problèmes. La Tunisie n’est pas la Libye ou l’Égypte, elle a encore les moyens de résoudre cela. Mais si rien n’est fait, l’État va s’affaiblir réellement, et là, il va y avoir une explosion de violences.

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Le dernier rapport de l’International Crisis Group (ICG), “La Tunisie des frontières: Jihad et contrebande” paru le 28 novembre, analyse la situation des frontières tunisiennes et les raisons du développement de la contrebande, en pointant du doigt la montée de “l’islamo-banditisme.”

Selon l’organisation, le relâchement sécuritaire après la révolution de janvier de 2011 et la guerre en Libye ont entraîné la réorganisation des "cartels de la contrebande" sur les frontières. Dans les zones périurbaines des principales villes du pays, criminalité et islamisme radical tendent à devenir indissociables, et le phénomène gagne en ampleur. Mais pour ICG, la solution ne peut pas être uniquement sécuritaire, elle doit aussi être sociale et économique. Interview avec Michaël Béchir Ayari, analyste principal pour la Tunisie à l'International Crisis Group.

HuffPost Maghreb: Le trafic des contrebandiers sur les frontières existait déjà sous l'ancien régime mais il s’est intensifié depuis la révolution. Son danger n’est plus seulement économique, il est aussi devenu sécuritaire avec l’entrée des armes à feu. Quelles sont les raisons de l’explosion de ce trafic?

Michaël Béchir Ayari: Il y a plusieurs raisons. D’abord, le soulèvement qui a eu lieu en 2011 et le relâchement sécuritaire qui s’en est suivi. À ce moment-là, côté ouest (frontières avec l’Algérie), il y a eu une démocratisation de la contrebande et une réorientation du commerce qui n’est plus tenu par les grands patrons. Les cartels ont commencé à se recomposer et les intermédiaires sont devenus les “boss”. Et comme il n’y avait plus véritablement de contrôle, le trafic s’est intensifié. Côté sud (frontières avec la Libye), c’est la même chose, sauf que la variable de la guerre et de la décomposition de la Libye, et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés a fait que des armes sont passées.

Autre point important, c’est que les gros cartels, notamment celui de Touazine dans le sud, avaient une sorte de pacte tacite avec l’État, qui les laissait faire leur trafic tranquillement et, en échange, ils s’engageaient à s’écarter du commerce de certains produits et à contrôler le flux de personnes aux frontières, notamment les groupes armés. Ce pacte là n’existe plus.

Ce sont donc les réseaux de contrebandiers qui contrôlaient les frontières?

Ces gens-là connaissent très bien les frontières, et ils ont encore la possibilité de les contrôler. Dès qu'une voiture qu’ils ne connaissent pas passe, ils la remarquent et alertent la police. Mais le problème, c’est qu'il n’y a plus ce pacte avec les autorités, il n’y a plus de discussions régulières avec eux et la police a perdu son réseau d’indicateurs. En plus, ces gens sont frustrés d’un point de vue économique. La révolution ne leur a rien apporté. Ils ont une haine de plus en plus profonde de l’État qui les marginalise. Plus leur frustration sur le plan économique et social augmente, plus ils réduisent le contrôle sur les frontières. Le pire, c’est que cela devient un enjeu de négociation implicite.

Sous Ben Ali, fermer les yeux sur la contrebande transfrontalière a été un moyen de maintenir la paix sociale dans ces régions marginalisées. L’État tunisien, aujourd’hui en difficulté, est-il contraint de tolérer ce phénomène?

On est toujours dans une forme de régulation des activités de contrebande et jamais dans un arrêt total. C’est juste dans la rhétorique du discours de l’État qu’il y a cette idée de tolérance zéro, mais dans la pratique elle est impossible à mettre en œuvre. En l'absence d’investissement public dans les régions reculées, la contrebande offre des sources de revenus et freine l’exode rural. L’État ne peut pas tout laisser faire, le contrôle est nécessaire, mais ne peut pas non plus complètement tout arrêter. C’est la frontière qui créé la transgression, et le problème vient de là.

Il faudrait donc réguler les activités des contrebandiers et non les interdire?

Le meilleur moyen de régler tout cela est de remettre en place le pacte qu’il y avait sous Ben Ali, non pas de manière implicite, mais en mettant "cartes sur table", avec des représentants de ces régions et des représentants de l’État. Se mettre d’accord sur la création d’une zone franche, c’est quelque chose d’important. Les zones de libre-échange permettront de développer des infrastructures. Les frontières sont quelque chose de dynamique qui pourrait faire profiter la région et pas uniquement les têtes de réseaux. Il faut restaurer la confiance des habitants des frontières pour qu’ils aillent vers l’État et non vers les jihadistes qui, en se développant, vont les payer pour faire passer leurs produits. Ils peuvent même travailler pour eux.

Selon vous, l’absence de confiance envers l’État renforce les capacités de nuisance des jihadistes…

Bien sûr. L’État, quel que soit sa couleur idéologique, a toujours été confronté à cela. Ce n’est pas un problème d’islamistes et d’anti-islamistes, c’est un problème de bonne et de mauvaise gestion. Mais la polarisation politique entre "islamistes" et "sécularistes" accentuée par le contexte régional, empêche la planification à long terme et va finir par conduire à une explosion de violences.

Le rapport d’ICG attire l'attention sur le danger du développement du phénomène de “l’islamo-banditisme”. Comment l’expliquer?

Les zones périurbaines comme Cité Etthadhamen, Jbel Jloud, Sejnane, Dubosville, Menzel Bourguiba, ou encore les grandes zones urbaines autour du centre-ville de Jendouba et de Sidi Bouzid, les anciens “gourbivilles”, les anciennes agglomérations ouvrières où le chômage est élevé, sont des endroits où le salafisme jihadiste marche.

Quand Ben Ali est parti et que la police a disparu de ces quartiers, il y a eu un mouvement de conversion au salafisme mais pas seulement au salafisme quiétiste. Au salafisme jihadiste également. Et donc beaucoup de gens dont des anciens indicateurs du régime et des petits trafiquants, ont commencé à porter la barbe. En plus des gens qui ont été libérés de prison et des jihadistes qui sont revenus d’exil. Cela s’est alors reconfiguré de manière anarchique à l’intérieur.

En fait, il y a eu un phénomène comparable à ce qui s’est passé dans les banlieues populaires du Caire dans les années 1980 avec Al Jamâa Al Islamiya, c’est-à-dire que l’identité salafiste jihadiste est utilisée pour couvrir des actes criminels. On a donc des gens qui se disent salafistes, mais c’est juste un prétexte pour faire croire qu’ils sont pieux et au-dessus de ces choses. Au final, ce sont eux qui vont gérer le quartier, prendre en main les petits trafics et créer des petites milices à l’intérieur.

C’est un cocktail qui fait que, de l’extérieur, on ne sait pas qui est qui: est-ce qu’on a affaire à un trafiquant avec une barbe? Ou à un vrai jihadiste qui fait ça pour des raisons stratégiques et idéologiques? Tout cela se nourrit, ce qui fait que les violences des uns vont être mises sur le compte des autres, et on se rend compte de plus en plus que c’est à l’image des transformations d’Al Qaïda et du mouvement jihadiste au Sahel et au Maghreb. Et c’est assez dangereux, ce n’est pas encore eux qui tiennent les frontières, mais ils peuvent à terme, créer les conditions favorables à une montée en puissance des jihadistes dans les filières de contrebande transfrontalière voire à une collaboration active entre cartels et jihadistes. Il faut donc faire attention, car cela pourrait se développer avec l’État qui s’affaiblit et la polarisation politique qui continue.

L’État tunisien, fragilisé depuis deux ans, semble être dépassé. Comment pourrait-il reprendre la situation en main sans tomber dans la surenchère sécuritaire?

Dans les régimes autoritaires, plus l’État est faible, plus il montre ses dents. Sous l'ancien régime, ce n’était pas un État fort, mais un État qui fichait tout le monde, qui savait qui est qui, qui a fait quoi, qui a dit quoi, et qui a gagné combien. Maintenant, il y a un sentiment d’affaiblissement lié à toutes les raisons déjà évoquées. Dans la tête des gens l’État est faible. C’est quelque chose qu’on retrouve dans toutes les périodes post-révolutionnaires. Mais concrètement, l’État a les moyens de régler ces problèmes. La Tunisie n’est pas la Libye ou l’Égypte, elle a encore les moyens de résoudre cela. Mais si rien n’est fait, l’État va s’affaiblir réellement, et là, il va y avoir une explosion de violences.

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Radicals call for jihad by day and watch porn by night



National Security Agency planned to discredit Islamist radicals by spying on their online pornography habits.
Middle East Online

Off the masks!

WASHINGTON - The National Security Agency planned to discredit Islamist "radicals" by spying on their online pornography habits, The Huffington Post reported Wednesday, citing a document leaked by ex-intelligence contractor Edward Snowden.

The eavesdropping agency focused on how propagandists for the violent extremists could be undermined with evidence of hypocrisy, citing surveillance on six individuals as examples, according to the quoted NSA document.

"A previous SIGINT (signals intelligence) assessment report on radicalization indicated that radicalizers appear to be particularly vulnerable in the area of authority when their private and public behaviors are not consistent," said the document.

"Some of the vulnerabilities, if exposed, would likely call into question the radicalizer's devotion to the jihadist cause, leading to the degradation or loss of his authority."

A potentially damaging piece of evidence would show a militant "viewing sexually explicit material online or using sexually explicit persuasive language when communicating with inexperienced young girls," it said.

The leaked document is the latest in a cascade of revelations from Snowden revealing the NSA's large-scale digital spying, which has provoked a global firestorm.

The six individuals targeted for NSA surveillance were seen as radical Muslims giving inflammatory speeches, but were not described in the document as linked to terror plots, the report said.

The Huffington Post withheld their identities and locations.

All six live outside the United States, though one was described as a "US person," meaning he is either a citizen or has permanent resident status.

Through electronic spying, the agency had found sexually explicit information about at least two of the people targeted, some of which was gleaned through FBI surveillance, according to The Huffington Post.

One of those targeted was described as a "respected academic" who has promoted the idea that "offensive jihad is justified."

The spy service concluded that he is potentially vulnerable because of his alleged "online promiscuity" and that he publishes "articles without checking facts," according to the report.

The document did not indicate whether the NSA carried out the idea to discredit the men by leaking the information or otherwise.

US intelligence agencies did not deny the report or question the validity of the document.

"Without discussing specific individuals, it should not be surprising that the US government uses all of the lawful tools at our disposal to impede the efforts of valid terrorist targets who seek to harm the nation and radicalize others to violence," said Shawn Turner, spokesman for the director of national intelligence.

The methods discussed are reminiscent of tactics used by the FBI, the NSA and other agencies in decades past to tarnish civil rights leaders, including Martin Luther King, anti-war activists and labor organizers.

When an inquiry by lawmakers in the 1970s exposed the domestic surveillance, Congress adopted new limits on spying powers and created a foreign surveillance court that is supposed to review requests for eavesdropping on communications between a foreign suspect and a US resident.

"This report is an unwelcome reminder of what it means to give an intelligence agency unfettered access to individuals' most sensitive information," said American Civil Liberties Union deputy legal director Jameel Jaffer.

"One ordinarily associates these kinds of tactics with the secret police services of authoritarian governments.

"That these tactics have been adopted by the world's leading democracy -- and the world's most powerful intelligence agency -- is truly chilling," he added.


Israël rejoint le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU

Bien que géographiquement situé en Asie, Israël s'est vu refuser l'accès au groupe Asie-Pacifique par plusieurs Etats arabes et musulmans.
Crédit: KEYSTONE

Israël sera membre du groupe européen au sein du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU (CDH.

Israël va rejoindre le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU (CDH) en tant que membre du groupe européen au sein de cet organe avec qui l'Etat hébreu était en conflit depuis plusieurs années, a annoncé un responsable israélien dimanche. Israël avait rompu tout contact avec le CDH en mars 2012.

L'adhésion d'Israël au groupe des Etats d'Europe occidentale et autres (GEOA) du CDH a été approuvée et une invitation officielle est attendue prochainement, a affirmé le responsable s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Israël avait rompu tout contact avec le CDH en mars 2012, quand ce dernier avait annoncé l'ouverture d'une enquête sur les colonies dans les territoires occupés.

Puis en janvier, Israël était devenu le premier pays à refuser d'assister à son examen périodique sur la situation des droits humains. Mais l'Etat hébreu a mis fin à son boycott en octobre lorsque l'ambassadeur Eviator Manor s'est présenté devant le Conseil pour défendre le bilan israélien en matière de droits de l'Homme.

Accès au groupe Asie-Pacifique refusé

La presse locale rapporte qu'Israël a accepté de coopérer de nouveau avec le CDH à condition d'être accepté en tant que membre du groupe GEOA.

Bien que géographiquement situé en Asie, Israël s'est vu refuser l'accès au groupe Asie-Pacifique par plusieurs Etats arabes et musulmans, laissant le pays sans représentation au sein d'un groupe géographique.

"Nous avons finalement été admis en tant que membre d'un groupe géographique ce qui signifie que nos relations avec les organes de l'ONU à Genève vont être plus ou moins normalisées", a déclaré un autre responsable israélien au Jerusalem Post.

"L'exclusion et la marginalisation dont Israël a souffert vont commencer à être dissipées", a-t-il ajouté.

Source: ATS


Cameron reassures British Jews over Iran nuclear deal


David Cameron and the Chief Rabbi light the Downing Street menorah (Photo: Downing Street)

David Cameron and the Chief Rabbi light the Downing Street menorah (Photo: Downing Street)

David Cameron has moved to reassure supporters of Israel and British Jewry following the Iranian nuclear deal struck in Geneva this week.

Speaking at a Chanucah reception in Downing Street on Wednesday evening, the Prime Minister said he shared the “scepticism and worry” felt over the interim agreement to curb Iran's nuclear programme and lift some sanctions.

Mr Cameron said he had no “starry-eyed view” of what the Iranian regime offered.

“I could go into all the details of how this interim deal means the uranium will be dealt with, how much inspection there will be… In the end it comes down to a simple judgment.

“Would it have been better to continue with a set of negotiations, hoping for one big, long-term deal but knowing that at any time you could wake up one morning with a nuclear-armed Iran?

“Or is it better now to reach an interim deal that genuinely rolls them back by several months from getting that weapon, and then going ahead with a full deal that can secure us an Iran that will never have a military nuclear capability?

“In my judgment this is the right step to take. I know there will be great scepticism, I know there will be great worry. I share that scepticism, I share that worry. I don’t have any starry-eyed view of what this Iranian regime offers.”

Mr Cameron, who lit the menorah with Chief Rabbi Ephraim Mirvis, told community leaders at the reception: “I am with you and with the Israeli people, genuinely. As far as I’m concerned, an enemy of Israel is an enemy of mine. A threat to Israel is a threat to us all.

“I can promise you this: Britain will stand with Israel, Britain will support Israel, Britain will keep the pressure up on Iran. We do not want you to have a nuclear-armed near-neighbour, a nuclear threat facing your country.

“We understand why you feel as strongly as you do about this. We share that feeling and show you our solidarity.”

Mr Cameron repeated his promise to visit Israel in 2014 and said he wanted to “show solidarity” and mark the country’s “extraordinary achievements”.

The Prime Minister also confirmed he would travel to Auschwitz next year and reflected on the “moving” dinner held by the Holocaust Educational Trust in September at which he met more than two dozen Shoah survivors.

“We should be thinking tonight about how we continue to commemorate dreadful events, in particular the Holocaust, long into the future,” he said.

“I’m very pleased that next year I will make the visit to Auschwitz myself for the first time. I so want to go, to see for myself. The privilege of going there as a head of government, as well as a private individual, is immense.”

Praising the efforts of British-Jewry, Mr Cameron said: “If you think of the contribution to the arts, to creativity, to business, to sport, to brainpower, to our communities, of those 250,000 people it really is an immense contribution. Thank you for everything you do and bring to our country.”

He said Conservative education policy would allow “more Jewish free schools, more Jewish academy schools” and make sure the community felt its children could be educated in the way parents wanted.

Mr Cameron said he felt "very much part" of the Jewish community: "In my relative research I’ve found a Levite grandmother… According, I think, to the Jewish Chronicle I’m [therefore] related to Moses."

He also joked that he had told his Liberal Democrat coalition colleagues about the miracle of Chanucah.

“I told them it’s a very important celebration because of course we are remembering the re-taking and the re-dedication of the temple. Of course there was the miracle of oil that was only supposed to last for one day, but lasted for eight days. I said it’s not to be confused with an energy policy."


Former UKIP candidate Julia Gasper questions whether the only gay Holocaust victims were Jews

Former UKIP candidate Julia Gasper questions whether the only gay Holocaust victims were Jews

Dr Gasper suggested that there was no proof gay people were persecuted by the Nazis
Dr Gasper suggested that there was no proof gay people were persecuted by the Nazis
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A former UKIP parliamentary candidate has written a paper questioning whether gay people sent to death camps during the Holocaust were only sent there because they were also Jewish.

Dr Julia Gasper, a former parliamentary candidate and UKIP branch chairman in Oxford, made the claims in a paper titled “Where Is the Evidence for a ‘Homocaust’?”, which was published on Academia.edu.

In the paper, she questions whether it is possible that only gay men who were also Jewish were sent to death camps such as Auschwitz by the Nazis, and cites a lack of evidence in questioning the difference in treatment of Jewish people and gay people during World War II.

She writes: “So far, and correct me on this if I am wrong, I find that the individuals either cannot be identified, or were Jewish as well as homosexual (so they would have been sent to the death-camps for being Jewish) or that they were imprisoned rather than killed. That does not really support a conclusion that there was a holocaust of homosexuals comparable to that of the Jews, or even the gypsies who were also decimated.

“The entire Homocaust website does not seem to me to supply us with ONE firm example of a non-Jewish homosexual who was sent to a death camp.”

Questioning estimated figures on LGBT History Month, and United States Holocaust Memorial Museum’s (USHMM) websites, she continues: “But always one detects the same confusions  – were they Jewish or non-Jewish? Were they imprisoned or eradicated? Were they pederasts or not?”

She continues: “LGBT militants are to be found behaving very assertively in Holocaust Memorial events.

“If anybody cares to show me where the real evidence is to back up their claims I would be very interested to see it.”

Concluding, she suggests that information on websites such asHomocaust.org is inaccurate.

She says: “The USHMM site makes a distinction between homosexuals imprisoned as criminals and Jews subjected to genocide. And the evidence I have seen so far upholds that distinction.”

Olivia Marks-Woldman, Chief Executive of the Holocaust Memorial Day Trust, told PinkNews: “It’s disappointing that Dr Gasper has chosen to question the fact that the Nazis persecuted gay men between 1933 and 1945. After they came to power in 1933 the Nazis toughened existing anti-gay laws and launched a vicious repression of gay people and gay culture, including violently looting The Institute for Sexual Science, burning its extensive collection on the streets. The police established lists of homosexually active people. Significant numbers of gay men were arrested, and thousands received severe jail sentences in brutal conditions. Up to 15,000 gay men were sent to concentration camps but many more were exposed to inhumane treatment in police prisons. Thousands died as a result of brutal treatment in camps and prisons.

“Whilst it is important to recognise the differences between the ways the Nazis persecuted different groups, this shouldn’t lead us to question the fact that thousands of gay men suffered appalling persecution because of their sexuality. The Holocaust Memorial Day Trust completely rejects the notion of a hierarchy or competition of suffering between different persecuted groups of people. Any attempt to rank the experiences of different group of peoples does a grave disservice to the memory of those who were persecuted. Holocaust Memorial Day, on 27 January, is an opportunity for us all to remember the millions who suffered in the Holocaust, under Nazi Persecution, and in subsequent genocides.”

A request for comment from Dr Gasper was not returned to PinkNews.

Dr Gasper previously wrote that gay people needed to stop “complaining about persecution” and start expressing “gratitude” to straight people, on whom they are reliant to be born.

She also said that PinkNews readers should be sectioned under the Mental Health Act, and used the UKIP forum to brand the gay rights movement a “lunatics charter”.

She claimed gays account for 3 percent of the population and half of child abuse, and last year failed in her second bid to win public office.

Her full article is available to read below:

Where Is the Evidence for a “Homocaust”?  (2)

Where exactly is the documentary evidence for the now widespread claim that the Nazis persecuted homosexuals to the same extent that they persecuted the Jews? I have been looking on this website www.homocaust.org  which is recommended by none other than Ben Summerskill, Chief Executive of Stonewall in England. I have also consulted various books.

So far, and correct me on this if I am wrong, I find that the individuals either cannot be identified, or were Jewish as well as homosexual (so they would have been sent to the death-camps for being Jewish) or that they were imprisoned rather than killed. That does not really support a conclusion that there was a holocaust of homosexuals comparable to that of the Jews, or even the gypsies who were also decimated.

When you enter the Homocaust website it confronts you with stark claims. It states boldly “Between 1939 and 1944 gay men and women were persecuted under the Nazi party.”

It carefully gives the impression at this point that the anti-homosexual laws were passed in 1939 although they actually dated back to the 19th century, long before the Nazis came to power. Then it goes on to say “100,000 were arrested, 50,000 were imprisoned, 15,000 were sent to labour camps, 4,000 survived, 11,000 weren’t so lucky”.

It displays a series of black and white identity photographs of men imprisoned for violating paragraph 175, the original German law against homosexuality. And these photographs come from the Auschwitz museum. But does that prove that the people shown were all in Auschwitz? Or that they died there?

Their names are not given so we have no idea whether they were Jewish or not.

On the next page the claims are repeated in a much watered-down form.

“During the Nazi period up to 100,000 gay men & women were persecuted & imprisoned for their sexuality under Paragraph 175 of the German Penal code. The Third Reich had no place for such ‘deviants’ & set out a systematic strategy to rid itself of this ‘poison’. About 15,000 were sent to concentration camps where, forced to wear the ‘pink triangle’, as many as 60% lost their lives.”

What I notice here is the appearance of “up to 100,000″ and “about 15,000″ admitting that their figures given earlier with such certainty are mere guess-work. It is not plausible to say that “the Third Reich had no place for such deviants”  since the number of homosexuals in top Nazi jobs in in the SS who ran the death-camps is very well-documented and beyond dispute.

The Homocaust website claims that homosexuals were singled out for worse treatment and harsher conditions than other victims.  I find this implausible. There is abundant evidence of other prisoners suffering just as severely, or worse, than is documented here.  They were skeletons worked into the ground on starvation rations, then gassed in their millions, men women and children. They were beaten, burnt, raped, tortured, shot…need I go on?

When we start looking for specific evidence about victims who were non-Jewish and therefore could really be said to have been victimized for being homosexual, rather than for being Jewish, the evidence is thin indeed. The site, which seems to be authored by a certain Lewis Oswald, provides the following names:-

Heinz Heger, a pseudonym, so that his Jewishness cannot be investigated. Indeed many people regard his book “The Men With the Pink Triangle” as being fiction.  It has all the hallmarks of gay pornography.  In the Homocaust site it is taken at face value as history.

Gad Beck   -  he was Jewish.

Heinz F   – without a full name how do we trace him to establish if he was Jewish?

Annette Eick, born 1909   – a Jewish lesbian who fled Germany in 1938 and died in 2010.

http://www.theguardian.com/theguardian/2010/apr/26/annette-eick-obituary

Henny Schermann born 1912   – another Jewish lesbian

Paul Gerhard Vogel   – yes he seems to have been genuine non-Jewish homosexual but he was not sent to a concentration camp. He was sent to a labour camp called Emsland in Holland. Later he was sent to Norway and used as forced labour. Unlike 6 million Jews, he survived the war. In fact he lived to the age of 97. http://it.wikipedia.org/wiki/Paul_Gerhard_Vogel

Pierre Seel   – yes, he was another non-Jewish homosexual but he was not sent to a concentration camp either.  A Frenchman, he was arrested in 1941 by the invading German forces and treated very badly while being held in prison for six months. But he was never made to wear the pink triangle and after six months he was released from prison. There seems to be no proof that he was actually arrested for being a homosexual rather than being a sympathizer with the resistance. He admits that while in prison he had relations with an 18-year boy which was then illegal in France. So his criminal status may have been related to ephebophilia rather than homosexuality as such.

http://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Seel

Karl Gorath   – yes, he does seem to have been non-Jewish. But rather than being forced to do hard labour and starved to death, when first convicted as a homosexual he was required to work as a nurse in a hospital at Wittenberg. He was then convicted of another offence. “One day, a guard ordered me to decrease the bread ration for the patients who were Polish war prisoners, but I refused, telling him that it was inhuman to treat the Poles in this way. As punishment, I was sent to Auschwitz, and this time, rather than being marked as a “175er,” I wore the red triangle of a political prisoner. At Auschwitz I had a lover who was Polish; his name was Zbigniew.” So although he was a non-Jewish homosexual and in Auschwitz, he was not there for being a homosexual. Karl was liberated from Auschwitz in 1945

See  http://www.ushmm.org/wlc/en/idcard.php?ModuleId=10006529

Heinz Dörmer. Yes he does seem to be a genuine non-Jewish homosexual  – but he was not sent to an extermination camp. “In April 1935, Dörmer was accused of homosexual activities with members of his troop,[1] and from 1941 to 1944 he was imprisoned for “corrupting the youth” at Neuengamme concentration camp, a “holding tank for homosexuals, politicals, and non-German aliens.”[2] ” Note that Dormer was explicitly a pederast, not just a homosexual, and that he was kept in prison but never treated in the same horrific way as Jewish inmates of Auschwitz. He was released from prison when the laws against homosexuality were eventually repealed.

So to sum up, the entire Homocaust website does not seem to me to supply us with ONE firm example of a non-Jewish homosexual who was sent to a death camp. It does not provide good enough documentary proof to convince any serious academic historian of its claim that homosexuals were exterminated under the Nazis. It speaks of “up to 100,000″ and finally shows us evidence of…none.

These claims are now being widely disseminated, and are even found on websites that offer teaching materials to be used in British schools. The website of “Gay” History Month, set up to provide teaching resources for schools in the UK asserts that homosexuals were sent in their “tens of thousands to the Nazi death camps”. http://lgbthistorymonth.org.uk/calendar/Archive2010/LGBT%20History%20Month%20Events.php?recordID=413

Here it says that the number was 15,000, without offering any sources.

http://www.schools-out.org.uk/?news=israel-to-build-its-first-monument-to-gay-victims-of-the-nazis

But always one detects the same confusions  – were they Jewish or non-Jewish? Were they imprisoned or eradicated? Were they pederasts or not?

LGBT militants are to be found behaving very assertively in Holocaust Memorial events.

http://www.schools-out.org.uk/?news=israel-to-build-its-first-monument-to-gay-victims-of-the-nazis

If anybody cares to show me where the real evidence is to back up their claims I would be very interested to see it.

                                                                JULIA GASPER 26TH NOVEMBER 2013.

After posting the paper above I got a message from Lukasz Szulc of the University of Antwerp who kindly drew my attention to this other website, provided by the United States Holocaust Memorial Museum:

http://www.ushmm.org/learn/students/learning-materials-and-resources/homosexuals-victims-of-the-nazi-era

Having consulted it, I get the impression that it may be the source for a lot of the assertions made on the “Homocaust” website. That is because many of the same figures are found there  – but all of them are admitted to be guesswork. There are very few names and even fewer documented sources. And the version of events given in the two sites is not consistent.

I will reproduce what the museum site says in blue. “An estimated 1.2 million men were homosexuals in Germany in 1928. [does not say where the estimate comes from.]Between 1933-45, an estimated 100,000 men were arrested as homosexuals, [It does not say how this estimate has been reached or what archive sources support it] and of these, some 50,000 officially defined homosexuals were sentenced [that’s already halved the opening figure]. Most of these men spent time in regular prisons [which is not the same as a death-camp], and an estimated 5,000 to 15,000 of the total sentenced were incarcerated in concentration camps [so the figure of 15,000 is actually only an estimate of something between 5,000 and 15,000 and once against there is no documentary source quoted]. How many of these 5,000 to 15,000 “175ers” perished in the concentration camps will probably never be known. Historical research to date has been very limited. One leading scholar, Ruediger Lautmann, believes that the death rate for “175ers” in the camps may have been as high as sixty percent.” [So all of this is really hypothesis and speculation]

The vast majority of homosexual victims were males; lesbians were not subjected to systematic persecution. While lesbian bars were closed, few women are believed to have been arrested. Paragraph 175 did not mention female homosexuality. [If so that reduces the number of possible victims significantly and contradicts what is said on the Homocaust site about the Nazis persecuting “gay men and women”.] The USHMM site mentions Henny Schermann, the Jewish lesbian who was gassed at Ravensbruck concentration camp in 1942, and makes it clear that she was killed for being a Jew. Her name crops up in the Homocaust website.

Unlike Jews, men arrested as homosexuals were not systematically deported to Nazi-established ghettos in eastern Europe. Nor were they transported in mass groups of homosexual prisoners to Nazi extermination camps in Poland.

Altogether what we find on the USHMM site is not fully consistent with is said on the Homocaust site. The USHMM site makes a distinction between homosexuals imprisoned as criminals and Jews subjected to genocide. And the evidence I have seen so far upholds that distinction.